Du XVII ème siècle au XXI ème siècle, l'histoire du Lycée Jean Puy est le reflet de l'histoire de notre pays et de sa région : le Roannais.
On peut lire dans ce passé les évolutions politiques, économiques et sociales de notre nation et du lien tout particulier qu'elle entretient avec son école. Cette histoire s'articule autour de quatre grandes périodes :
Par lettres patentes données à St Germain en Laye au mois de janvier 1607, lues, publiées et enregistrées au domaine du Comté du Forez le 5 décembre de l'an 1609, Henri IV autorise les Jésuites et son confesseur le Père Pierre Cotton (Néronde 1564 - Paris 1626) à fonder un collège de 3ème ordre à Roanne (6000 âmes).
" pour propager le culte divin et pour former la jeunesse aux arts libéraux et aux bonnes mœurs... car tel est notre plaisir "
1607 - Jarnidieu ! Jarnicotton
Henri IV jurait souvent " Jarnidieu " (je renie DIEU). Le Père Cotton lui propose de dire " Jarnihenri ". Le Béarnais lança alors l'expression Jarnicotton.
Les Jésuites s'installent dans un premier temps grâce à la générosité de son frère Jacques Cotton, Seigneur de CHENEVOUX, dans le manoir familial hérité de la famille CHAMPRAND.
En 1612 le collège comporte 3 classes encadrées par 3 pères, 2 maîtres et 3 coadjuteurs.
Vers 1617 la petite chapelle est détruite et commence la construction d'une église dite de " style Jésuite " selon probablement les plans du Père Jésuite MARTELLANGE, qui plus tard dressera les plans du grand collège de Lyon (Lycée Ampère aujourd'hui). L'église est consacrée le 23 août 1626.
En 1679, le Père François d'Aix de la Chaize (St Martin la Sauveté 1624, Paris 1709), petit neveu du Père Cotton, confesseur de Louis XIV pendant 34 ans, qui avait fait ses études au collège, n'oublie pas son collège et grâce à de nombreux dons fit édifier des bâtiments, très beaux pour l'époque et dont il reste aujourd'hui les 2/3 environ.
Jacques Cotton, le Père Pierre Cotton et François d'Aix de la Chaize sont inhumés dans un caveau au chœur de la chapelle aujourd'hui St Michel des Lycées.
En 1762, atteints par l'arrêt du parlement supprimant leur congrégation, les Jésuites sont expulsés du collège.
Une période d'instabilité succède à ce long séjour des Jésuites. La rivalité entre Roanne (collège des Jésuites) et Montbrison (collège des prêtres de l'Oratoire) fait craindre, un moment, sa disparition.
En 1763, les prêtres de la congrégation de St Joseph prennent la direction du collège. La vie de l'établissement n'est guère différente d'auparavant. En 1791 le collège compte 80 pensionnaires et 200 externes.
Le collège, bien que nous ayons peu d'information, semble fonctionner pendant la période révolutionnaire jusqu'en janvier 1791. Le Principal et les professeurs prêtent serment à la constitution.
En août 1792 les pères de St Joseph quittent le collège.
Il est ouvert à nouveau en septembre 1793 et devient en 1796 l'Ecole Centrale du département. Hector Passinges est le créateur du jardin botanique de cette école qui compte 83 externes.
L'Ecole centrale ferme le 1er germinal en XI. Le jardin botanique devient jardin public avant d'être totalement supprimé et que " tout fut réduit en fagots pour chauffer le four ".
La loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) institue cette école encadrée par la congrégation des Pères de la Foi (30 externes - 20 pensionnaires) l'école connaît des années difficiles et des rapports tendus avec le Préfet qui nomme alors des professeurs agrées par l'état.
En 1810 l'école compte 36 externes.
Le 12 novembre 1810, M. Nompère de Champagny, Recteur, installe le nouveau collège de l'Université confié aux Pères de St Joseph.
Ce collège connaît périodes brillantes et périodes de crises...
En 1836 les bâtiments échappent de justesse au feu !
En 1841 le collège ouvre des classes primaires élémentaires et en 1842 une école primaire supérieure.
En 1848 le collège compte 180 élèves dont 85 pensionnaires mais il est l'objet de vives critiques et on va jusqu'à avancer sa fermeture.
Le vote de la loi Falloux, en mars 1850, lui porte le coup de grâce.
La direction est confiée à des prêtres sous l'autorité de l'archevêque de Lyon. On y trouve 4 divisions où l'on enseigne 2 langues vivantes (Anglais et Allemand). Le collège prospère et l'on crée en 1865 une section scientifique (100 pensionnaires).
Le 10 juillet 1861 tous les élèves et professeurs vont donner une aubade à Napoléon III qui fait sa cure à VICHY !
En 1869, la polémique fait rage entre défenseurs et opposants du collège " clérical et de classe ".
La municipalité républicaine de Roanne rompt, en septembre 1870, le contrat avec l'Archevêché.
Le Conseil Municipal confie la Direction à un laïc qui doit se conformer aux règles édictées par la Municipalité. La situation n'est pas brillante puisque la presse propose d'en faire une caserne de cavalerie.
La situation s'améliore quelque peu (200 élèves) et les préoccupations dominantes sont celles de modifier les bâtiments trop vieux, trop petits et d'obtenir la transformation du collège en lycée.
Le député AUDIFFRED défend cette idée.
En 1883 la ville emprunte pour construire le Lycée tant souhaité. Les travaux terminés, il ressemble trait pour trait à celui d'aujourd'hui (si ce n'est le bâtiment construit en 1968).
Il fut ouvert le 1er octobre 1889. Après une période difficile où les effectifs sont en baisse le Lycée atteint 300 élèves sous la direction du Proviseur M. COUSSE.
Le 2 août 1914 à 0h la France mobilise.
Le 5 août, les 1er et 2ème bataillons du 98ème régiment d'infanterie sont rassemblés dans la cour du lycée où ils ont été hébergés en tenue pour la revue de détail et prêt à partir.
Les hostilités commencées, la plus grande partie du Lycée est réquisitionnée comme hôpital temporaire n°26.
En 1918, 105 élèves, anciens élèves et personnels ont donné leur vie pour la nation.
Le Lycée d'Etat, avec des filières scientifiques et littéraires, formera l 'élite de notre région et de notre nation.
A la rentrée de 1934 on compte 400 élèves inscrits.
Raymond Boisset, ancien élève, normalien de la rue d'Ulm; établit le record de France du 400 m en 47 sd 3/5.
M BONNET, Proviseur, meurt le 12 février 1935. Les professeurs en poste montent une garde d'honneur autour de son cercueil dans la chapelle.
Les cours du samedi soir sont supprimés par Jean ZAY (1937).
Le fonctionnement du lycée est encore troublé pendant cette sombre période (hôpital temporaire).
L'élève Joseph MOTTET, résistant, échappe à la gestapo venue le chercher au lycée.
Le lycée poursuit sa croissance et atteint les 1000 élèves. En 1969, le lycée prend le nom de Jean Puy, ancien élève et peintre de l'école des Fauves.
Les bâtiments neufs donnant sur la rue Jean Puy sont crées en 1968. En mai le lycée est occupé par les enseignants, les élèves. Des controverses, des polémiques, des manifestations mais pas de révolution !
Le lycée est ouvert à la mixité. Au milieu des années 1970, un projet apparaît visant à faire de Jean Puy un lycée et Jules Ferry un Collège...
Opposition, actions... sursis à décision.
En 1989, année du centenaire le collège compte 650 élèves et le lycée 800. Les résultats sont excellents et la cité scolaire brille par de nombreuses activités périscolaires : foyer socio- éducatif, cours informatique, cours aéronautique, chorale, ensemble instrumental, c'est l'époque des P.A.E et de l'ouverture sur l'Europe. Le lycée Jean Puy " se montre digne de son passé ".
Dans les années 2000, le lycée Jean Puy, comme les autres établissements secondaires du Roannais, voit ses effectifs fondre. La baisse démographique, plus marquée qu'ailleurs, fragilise les structures de la cité scolaire. En même temps les projets de restructuration des locaux vieillissants sont reportés.
En juin 2005, M. le Recteur de l'Académie de Lyon, lance une nouvelle réflexion sur l'avenir des 2 Lycées généraux de Roanne, Jean Puy et Jules Ferry.
Le proviseur de Jean Puy est nommé par intérim à la tête de la cité Scolaire Jules Ferry. Contestations, inquiétudes. Une réflexion approfondie sur le dossier permet d'envisager un rapprochement des 2 cités scolaires. L'état et la région se mettent d'accord pour une fusion-décroisement des 2 cités qui intervient effectivement le 1er septembre 2007.
Le lycée Jean Puy regroupera les élèves et personnels des 2 lycées.
Le collège Jules Ferry regroupera les élèves et personnels de 2 collèges.
Parallèlement le Conseil régional Rhône-Alpes et le Conseil général de la Loire initient des projets de restructurations lourdes des 2 sites.
Le 1er septembre 2007 le lycée Jean Puy compte 32 divisions pour 1050 élèves, encadrés par une centaine d'enseignants, personnels d'éducation, administratif et de service.